Archives de catégorie : Artistes

Brann Renaud

Comme on ouvre une vieille malle ou comme un souvenir remonte, comme de l’imprévu vous visite oucomme un conte vous entraîne, Brann peint. Il ne décide pas vraiment ce qu’il peint. Il l’attend, il l’appelle, il le trouve, il en est surpris, il l’écoute, il le suit, se laissant guider par ce qu’il peint, au fur et à mesure qu’il le peint. On pourrait penser le contraire au premier abord, tant on croit pouvoir aisément reconnaître ce que le tableau représente. Mais le tableau, en réalité, ne se laisse pas faire. Il entend être vu comme il a été peint : comme une lettre inconnue qu’on déchiffre, une mémoire oubliée qu’on retrouve, un horizon nouveau qui s’ouvre, un « il était une fois » qui commence…

Il y a toujours, dans le tableau, deux ou trois détails, pareils à des fausses marches, pour faire trébucher le regard trop sûr de lui, pour l’inviter à suivre ce qui se donne à voir au lieu de s’imaginer l’avoir vu. Aucune recherche de l’énigme ou du fantastique, en tout cela, aucune quête d’un quelconque au-delà du réel. C’est bien dans le monde que nous habitons que nous sommes. Mais un monde qui cesse justement d’être représenté, affublé de tout ce qu’on pense savoir de lui, qui est rendu à sa pleine présence, en ce qu’elle a de singulier, à sa propre parole, en ce qu’elle a à nous apprendre.

Et pour lui rendre cette présence, il faut nécessairement que le peintre soit présent à lui-même ; pour lui rendre cette parole, il faut nécessairement que la peinture parle. Si Brann ne décide pas ce qu’il peint, il a bien le souci, en revanche, de le peindre avec force et minutie, avec art. Un art qui ne vise pas à embellir ou travestir les choses, mais à leur répondre, à s’élever à l’unisson de leur singularité et de leur éloquence. Moment d’équilibre toujours à refonder, moment funambule, où le monde et l’artiste, cessant d’être dits, l’un et l’autre et ensemble se disent…

R.R

Biographie de Brann Renaud

Né en 1977

 

2004 – Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (Ateliers F.Boisrond, J.M.Albérola, P.Andrea) . DNSAP.

2003 – résidence à «La Source» (Association de G.Garouste pour le développement de l’art en milieu rural)

Lauréat «Prix Antoine Marin» 2007 – Arcueil

EXPOSITIONS PERSONNELLES

Septembre 2016 « la ligne conte » Newsquare gallery ( Lille )

Fevrier 2015- « Carambolages ll » galerie quai-est proposée par jean michel marchais ( Ivry/seine )

Janvier 2014 « vrac-ame » galerie Elizabeth Couturier ( Lyon )

Juin 2012 – Galerie « le garage » ( Nantes )

Decembre 2011- brann renaud, galerie Elizabeth Couturier ( Lyon )

Mars 2011 – “Les nuits du chasseur” Trafic Galerie (Paris)

Janvier 2010 – “Sans titre n°1” Trafic Galerie (Paris)

Mai 2009 – “Ceci n’est pas un Pablo” Rien galerie (Aix-en-Provence)

Mai 2007 – Galerie du crous des beaux arts (Paris)

Janvier 2006 – Galerie moderne Silkeborg (Danemark)

EXPOSITIONS COLLECTIVES

Octobre 2015- Centre d’art contemporain « à cent metres du centre du monde » ( Perpignan )

Sept 2015- Galerie Elizabeth Couturier ( Lyon )

Mars 2014 – « Tout va bien 3 » galerie quai-est ( Ivry sur seine )

Mars 2013 – ART PARIS , galerie Da-end ( Paris )

Juin 2012 – Marilyn 50 ans deja Mazel Galerie ( Bruxelles )

Mai 2012 – « carte blanche » Galerie IUFM Confluence(s) ( Lyon )

Février 2011 – Collective Trafic Galerie (Paris)

Octobre 2010 – “Chic Art Fair” Trafic Galerie (Paris)

Octobre 2009 – Slick 2009 Trafic Galerie (Paris)

Juin 2009 – “Liberté j’écris ton nom” Trafic Galerie (Paris)

Octobre 2008 – “Tout va bien 2” Trafic Galerie (Paris)

Juillet 2008 – “Figuration de l’imaginaire” Centre d’art contemporain (Mont de Marsan)

Juin 2008 – “Figuration del imaginario” Galeria Victor Saavedra (Barcelone – Espagne)

Mai 2007 – Pulchri studio (La Haye – Pays-bas)

Nov 2006 – «Parcours d’artistes» artiste invité (Pontault-Combault)

Juin 2006 – Centre d’art contemporain Aponia «Figuration narrative / Histoire de voir»

Avril 2006 – Thanassis Frissiras gallery «L’atelier de Pat Andrea» (Athènes – Grèce)

Mai 2005 – 50ème salon d’art contemporain de la ville de Montrouge

Octobre 2004 – «Jeune création» ville de Pontault-Combault

Mai 2004 – 49ème Salon d’art contemporain de la ville de Montrouge

Nov 2003 – «Novembre à Vitry»

Mai 2003 – «les beaux Arts empruntent le métro» ligne 14, station Madelène

Avril 2003 – «Painting in progress» ( Maison des Arts de Créteil )

Janvier 2003 – «Soldissimes» – Galeries Lafayettes

BIBLIO – PRESSE

CATALOGUES: ENSBA diplômés 2004, Montrouge 2004 et 2005, “l’atelier de Pat Andrea” – Thanassis

Frissiras gallery 2006 – “Brann Renaud” (galerie moderne) 2006 – “Het nieuwe verhaal” (Galeria Victor Saavedra) 2008 – “Les nuits du chasseur” Trafic Galerie 2011

PRESSE : ARTENSION n°100, avril 2010 – EXPORAMA n°9, uin 2008 – AZART n°35 novembre/décembre 2008 et divers articles sur le web

Yuko SOI

 

 

Des poèmes du quotidien dessinés avec ardeur à la pointe acérée de crayons de couleurs qui disent la tristesse et aussi la simplicité de la vie. Aucun artifice dans leur expression minutieuse qui ne révèle que la sobriété du cœur et des sentiments humains. Dans un monde de l’art où tout change vite et fort et qui semble dominé par la recherche conceptuelle, les œuvres de Yuko Soi nous font revenir à un questionnement presque naïf sur ce qu’est l’art.

細く細くとがらせた色鉛筆の先端で描かれる細密な描写によって、無作為に選んだ大小様々な紙に切々と刻まれた日常の詩。生きることはこんなにも切なく、そしてまたシンプルなものなのだと作品は教えてくれます。その繊細な筆致と表現には一切の作為も、ねらいもなく、人間的な感情や純一な心の黙示のみによって描かれています。昨今の変動の激しいアートの世界では、コンセプト付きの新しい発想ばかり求める風潮が目立ちますが、我々は彼女の作品の前でアートってなんだっけ、という素直な気持ちに立ち返るのです。

Sarah Bartélémy-Sibi

http://s-b-s.fr/

« Cumulovaccus »  Mobiles / papier découpé

 

 

Laureline Lê

Laureline LÊ

« Adtentio », installation, dessins

du 21 mai au 14 juin 2015

Née en 1988. Vit et travaille à Paris.

Après avoir étudié la gravure à l’école Estienne puis intégré les Beaux-Arts de Paris, dont elle a récemment été diplômée, Laureline Lê pratique aujourd’hui principalement le dessin, mais aussi l’estampe et la sculpture (céramique, bronze). Curieuse de découvrir de nouveaux environnements de travail, elle a effectué plusieurs résidences d’artiste à l’étranger (Luxembourg, Québec, Danemark…). Ses pièces ont été exposées à Londres, au Danemark, au Luxembourg, ainsi qu’à Paris et en région parisienne.

ascensions-200 par 155cm-graphite et carbone sur papier

Au premier abord, la pratique artistique de Laureline Lê évoque la délicatesse d’une collecte d’éléments naturels voués à l’étude, une poétique de la recherche scientifique. Selon une déclinaison de tonalités noires et blanches, les œuvres de l’artiste apparaissent comme les variations de surfaces sensibles détachées de leur état de nature, la blancheur clinique qui les entoure n’enlevant rien de leur beauté intrigante. Le procédé de l’empreinte cher à l’artiste, donne naissance à des formes indicielles, nées d’une « matière reproduisant la matière »[1]. Pourtant, tandis qu’elle recueille, effleure ou frotte chacun de ces objets, Laureline Lê laisse se profiler des profondeurs inattendues. C’est alors qu’un imaginaire de cartographie donne naissance aux ambitions abyssales de la géologie[2]. Le cheminement qui sous-tend la conception des œuvres présentées se trouve retranscrit au travers d’un dessin sur bois intitulé La Carte mentale. Cette œuvre apparaît ainsi comme une forme de cosmogramme englobant l’ensemble du travail de manière allusive, donnant à voir les lois régissant le « micro-univers » de l’exposition. C’est avec délicatesse que Laureline Lê propose de s’approprier le monde, en convoitant ce qu’il est possible de tenir dans la main. Tandis que nous connaissons le dieu Atlas portant la terre sur ses épaules, Laureline Lê nous invite à l’embrasser au travers de fragments poétiques.

Laure Jaumouillé

[1] Didi-Huberman Georges, La ressemblance par contact, archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte, Les Editions de Minuit, Paris, 2008, p.131
[2] L’émergence de cette nouvelle dimension apparaissant tout particulièrement dans la série de dessins intitulée Six théories des profondeurs.

Fabienne SANNER

Fabienne SANNER, sculptures

 

c était au début d adorables années...

Cyril TRICAUD

autoportraits en peintre

26 janvier – 4 mars 2017

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Tel Narcisse, le peintre a mis longtemps à se saisir du reflet que lui offrait sa toile. Il s’est d’abord subrepticement glissé, spectateur souvent anonyme, acteur modeste, dans les scènes qu’il peignait. Puis, miroir aidant, il est devenu le plus fidèle, le plus disponible de ses modèles, le seul peut être à l’accompagner sa vie durant jusqu’au bout de sa vieillesse, parfois jusqu’aux portes de la mort. Enfin il s’est plus fièrement campé en peintre, face à son chevalet, armé des armes de son état : pinceaux, palette, chiffons…

C’est dans cette tradition « de l’autoportrait en peintre » que s’inscrit Cyril Tricaud, mais à sa manière, teintée d’humour et de douce dérision.

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Dans cette tradition certes, mais en la renouvelant.

Ce qu’il donne à voir, c’est un peu de l’univers pictural qu’il a acquis en fréquentant les maîtres classiques, en arpentant inlassablement le Louvre. Il y puise ses références qui affleurent dans toute son œuvre en la nourrissant. Ce n’est pas pour autant un art savant de citations subtilement introduites. Le Christ entrant dans Jérusalem sur son âne ou gisant est bien là, présent, simplement reproduit comme l’est, de même, la mort de Sardanapale de Delacroix. L’artiste parfois s’y confronte, jalousant les glacis qui donnent à voir la transparence des chaires pâles de l’esclave qu’on sacrifie, tout en assumant lui-même les fluorescences de sa propre palette. Parfois il en joue, s’installant en rêve à califourchon derrière le Christ et entrant ainsi, quelque peu éberlué, dans on ne sait quelle Jérusalem, ou bien se réveillant de sa sieste à côté d’un Christ gisant attendant, lui, l’improbable résurrection de sa chair de bois. Ou encore il entre dans la toile et, à l’habit de lumière du modèle de Manet, il substitue tee-shirt et jean maculé en provoquant le spectateur d’une muleta qui n’est autre qu’une poupée gonflable…

 

Biographie

Né à Asnières en 1982, Cyril Tricaud a fait le choix de la peinture à laquelle il s’est adonné de façon quasi exclusive aux Beaux-Arts de Paris. Peinture de chevalet, mais aussi fresque, dessins et études d’après modèle, anatomie, paysages, scènes religieuses et allégoriques, portraits et autoportraits.

Cyril Tricaud, diplômé en 2008 de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris avec félicitations du jury, a reçu plusieurs prix : Mention du jury, prix de dessin David Weill, Académie des beaux-arts en 2014 ; Lauréat du prix Hiscox en 2009 ; Lauréat du prix Diamond en 2007.

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Lulù Nuti

Lulù Nuti

« Territoires perdus, géolocalisation » « Territoires perdus, géolocalisation » est la présentation d’une recherche conduite par Lulù Nuti autour des territoires abandonnés, tels de modernes Pompéi, suite à des catastrophes dues à l’insouciance de l’homme. C’est une ample recherche qui se veut en perpétuelle évolution. Les œuvres aujourd’hui proposées par la galerie TOKONOMA sont issues de cette recherche et en constituent comme « un premier chapitre », premier chapitre qui présente des cartes géographiques, réelles ou imaginaires, de territoires marqués par des catastrophes nucléaires. Ces cartes, en donnant à ces territoires, géographiquement localisés, formes et frontières en font ainsi des « pays » à part entière..

François Ferrier

François FERRIER

François Ferrier est né en 1976 à Paris.Il choisit de se consacrer à la peinture à l’age de vingt-trois ans, après des études de musique.Souvent représentés nus, ses personnages ne cherchent pas à provoquer. Il s’agit simplement d’observer l’humanité sans se voiler la face. Tout regarder. La puissance d’un corps en mouvement, la force d’une étreinte, l’empreinte du temps ou encore la solitude. Des thèmes que l’on retrouve dans ses paysages, où la nudité des corps s’efface devant celle des lieux.

 Expositions ( sélection )

2013 : Galerie des éditions Autrement. exposition Routes

2011 : Librairie Galerie Le Cabanon: exposition Silences.

2008 : Art en Capital, Grand Palais, Paris. Exposition Identités, avec le groupe Itinéraires, dans le cadre de la Nuit Blanche 2008.

2007 : Avec le groupe Itinéraires, exposition collective, mairie du IXè, Paris.

2005 : Galerie Aicart & Aijtink, Hilversum. Galerie Chloé van Dongen,Troyes. MAC 2005, Paris

2004 : MAC 2000, Paris. Centre d’art Red Box, Barjols

2003 : SNNP, Paris. Hotel Monceau Wagram, Paris

2002 : Combats. Eglise St Médard, Paris. Eglise St Pierre, Dreux

2001 : Galerie des Tournelles, Paris

Laurent Vignais

 

Laurent Vignais est né en 1963. Il vit et travaille à Laval.

 

Gaspard

gaspardPetite biographie :

Gaspard est né un mois d’août, il y a vingt ans. Il a grandi en banlieue parisienne, entre les cerisiers de son jardin et le goudron de ces écoles dont on parle dans les journaux, quand ça va mal. Il a vécu à Toronto pendant un an avant de revenir à Paris pour suivre une licence de cinéma. En parallèle de cette passion pour le septième art, Gaspard a toujours dessiné. Beaucoup, n’importe où, n’importe quand, sur n’importe quoi et avec n’importe quoi. Par plaisir ou pour passer le temps, ce qui n’était probablement qu’un divertissement est devenu un moyen d’expression, un outil acéré pour traduire et exorciser les ombres gardées loin au fond de lui. Sous le crayon, ces ombres se font monstres, bonshommes, animaux ; souvent un peu des trois mélangés. Ce sont des divinités exténuées, des corps perdus dans l’espace. On peut y voir de la poésie, de la tendresse, des peurs d’enfants et des angoisses d’adultes. Mais ça respire aussi le bonheur.

Art brut ou dessins d’enfant, c’est allumé, inspiré, vivant… et rassurant, au fond. Comme le seraient milles fétiches bienveillants et protecteurs.