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Barbara Goraczko

venise pavement 1

venise pavement 1

 

Il en est du destin des oeuvres comme de celui des artistes qui les portent : leur cours profond peut s’étirer en méandres et se perdre dans la répétition ou, au contraire, connaître des inflexions brusques au gré des voyages, des rencontres de hasard…

Celui de l’oeuvre de Barbara Gorazcko, venue s’établir en France après des études artistiques en Pologne, a été bouleversé par le choc d’un voyage en Inde et l’éblouissement de la rencontre avec Venise.

Du choc de l’Inde de la saison chaude et sèche, où dansent les taches de couleurs dans la poussière que le soleil fait vibrer, il est resté une peinture moins précise, où le trait et la forme se font moins nets, comme fragilisés.

De Venise est resté l’éblouissement du regard qui, se détournant des ors de la nef et s’abaissant vers le barbara-goraczko-venise-1sol, a eu la révélation de l’infinie richesse des mosaïques. Les couleurs de la pierre, le rythme des motifs et des formes se sont organisés en tableaux sans nombre. Mais par-delà l’éblouissement, le travail du temps sur la pierre est devenu une source de réflexion et de libération artistique autorisant toutes les recherches, toutes les techniques, tous les supports, tous les formats et levant toutes les contraintes, toutes les inhibitions et tous les interdits nés d’une longue pratique de la restauration des tableaux.

Ainsi s’ouvrit pour Barbara Goraczko une nouvelle vie artistique dont l’exposition qui a été présentée à la galerie a cherché à donner un modeste aperçu…

venise pavement 2

venise pavement 2

venise pavement 2

venise pavement 2

François Malingrëy

François Malingrey affectionne les portraits, les grands formats, les événement troubles, les fins heureuses, le sang qui afflue sous la chair, les questions sans réponse et la satisfaction du travail bien fait.

Catherine RAYNAL

Avec pour seul viatique des objets délaissés, des matériaux usagés, Catherine Raynal explore la part d’ombre et de silence que recèle toute mémoire, la sienne mais aussi la nôtre.

Ainsi l’installation « mémoire noire » s’est elle construite en assemblant sur des formes de bois recouvertes de pages d’annuaires enduites de jus d’encre de Chine des objets hétéroclites qu’elle a glanés au fil du temps ou que lui ont apportés amis et connaissances qui ont participé à cette démarche et à cette création. Objets certes infiniment modestes, hétéroclites, usés, rouillés, cassés, au rebut, mais objets auxquels s’associe la richesse des souvenirs de moments, de lieux, de visages qui, traversant l’ombre du temps, remontent à la mémoire individuelle ou collective.

250246001193075842De même, ce sont des vestiges de vies qui ont imprégné de vieux draps exhumés de quelque armoire que Catherine Raynal cherche à faire revenir au jour à travers des jeux d’encre, ombres du passage de l’humain.

De la pratique méditative et silencieuse qu’impose la broderie sur une toile que le temps a écrue sont nés des dessins ainsi que des mots qui reprennent en écho ceux qui reviennent souvent en majeur dans la poésie d’Anise Koltz.

Enfin les dessins, exécutés dans des tons de noir et de rouge, également présentés dans l’exposition, témoignent de cette démarche d’introspection et de réflexion que l’artiste poursuit sur la mémoire des ombres.

Olivier Renevret

Une certaine absence

Ce que je cherche avant tout dans la pratique de la peinture c’est mon absence. Je ne veux être responsable que de l’évidence de ce que la peinture montre, laissant à elle-même son pouvoir poétique, narratif ou émotionnel.

J’ai choisi pour cela les outils les plus simples de la peinture. C’est le choix du non-choix. Parce qu’ils ont été utilisés par tant d’autres depuis si longtemps ces outils ne peuvent pas m’appartenir. Ils sont intemporels et universels. Ils me permettent de ne rien affirmer.

J’utilise, pour la production de mes œuvres, des procédés simples qui régissent l’application du médium sur la toile. Ces procédés, pensés en amont de la réalisation, m’empêchent d’agir en réaction avec ce que je vois naître sous mes yeux et évitent toute expression personnelle née de l’instant. En revanche ces procédés intègrent systématiquement le geste qui est ici abordé comme « utile » et non esthétisant ; à la manière d’un maçon façonnant un enduit.

Par cette approche de la peinture je me donne une place proche de celle du spectateur dans le sens où je n’ai pas de volonté prédéfinie quant au résultat final mais n’en suis que le témoin. C’est une démarche d’ouverture, d’accueil et d’acceptation. En cherchant mon absence j’invite l’œuvre à se réaliser d’elle-même, à me dépasser.

Hug, 61×38 cm

Ben, 61×38 cm

13 bis

Depuis 2009, Treize bis, plasticien, colle ses images poétiques sur les murs de son quartier, à la frontière des XIXe et XXe arrondissements de Paris.25e23_56b7

La vitrine qu’est la rue lui a permis de faire de nombreuses rencontres et de réaliser ses premières commandes : ornementations et scénographies pour des événements musicaux et des créateurs de mode, clips, décors muraux extérieurs ou intérieurs de bars et de boutiques… jusqu’à concevoir des compositions sur mesure pour des particuliers.

collage en intérieur

Pour son exposition à la galerie TOKONOMA, Treize bis a plié, sans l’appauvrir, son riche imaginaire au format classique du cadre.

A l’occasion de cette exposition il présente également un échantillon de ses compositions d’intérieur.

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Young Hee HONG

Young-Hee HONG:

Young-Hee HONG, plasticienne, est diplômée de l’université de Sung-Shin de Séoul, de l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, docteur en Arts plastiques (Université Marc Bloc de Strasbourg). Elle travaille entre Paris et Strasbourg.

Website : http://yhhong.free.fr/

 

« no place to sit », installation

Tours inachevées, échevelées, n’ayant jamais eu l’ambition de toucher un ciel que de toute façon l’on pressent vide. Tours de fer en fil suspendant, dans un espace dont l’expansion ne suit aucun projet autre que de s’abandonner au geste de l’artiste, quelques points blancs, ou parfois rouges. Babel(s) donc sans projet et sans ambition autre qu’une construction méditative du vide que laissent les liens inaboutis, les instants sans suite perceptible comme en égrainent inlassablement les jours de la vie.

 

« Faire le point », dessin

En les constellant de points de peinture blanche, Young-Hee HONG brouille ces images qui font le quotidien des quotidiens – photos de faits divers, de manifestations, de réunions politiques, de « peoples » …-, images sur lesquelles, au hasard d’une page distraitement tournée, on s’arrête parfois sans trop savoir pourquoi, saisi d’une émotion ou d’un sentiment de l’étrange qu’on ne saurait expliquer. A l’inverse de la peinture aborigène, dont le pointillisme sert à cacher au profane l’image sacrée qu’il recouvre, Young-Hee HONG oriente le regard du spectateur, l’intrigue, le perd, lui fait rechercher le sens de l’image première qu’elle sauve ainsi de sa banalité en faisant naître, au-delà des étoiles ainsi posées en minutieuses gouttes, des univers poétiques arrachés au trivial.

Yves HELBERT

D‘une recherche de quelques mots pris au hasard et lancés dans ce puits sans fond qu’est Internet surgit une infinité d’images inattendues, d’une boîte oubliée dans un grenier s’échappent de vieilles photos de visages sur lesquels on ne sait plus mettre de nom depuis longtemps, de vieilles revues feuilletées négligemment montrent des objets dont on ne connaît plus l’utilité ou des inventions délirantes restées sans suite…: ce sont de toutes ces images, ces photos qu’Yves Helbert s’inspire pour ses dessins.

Pendant que l’esprit choisit, organise et assemble, que la main dessine d’un trait sûr et minutieux, le titre naît, subrepticement.

Citons en quelques-uns, inscrits dans le dessin même et pris au hasard : « la rhétorique de l’image », « le déficit commercial », « le jour de gloire », « le sacrifice de la rose », « la preuve par l’image », « la chambre d’amis », « la reproduction des élites », « l’heure de gloire », « les coulisses du pouvoir », « la descente de croix », « le partage des compétences », « l’opération programmée »… Ces titres ne commentent pas les images, les images ne viennent pas illustrer les titres. De fait, titres et dessins sont indissociables et leur juxtaposition crée un trouble analogue à celui ainsi décrit par Roland Barthes dans l’Empire des signes : « une sorte de vacillement visuel, analogue peut-être à cette perte de sens que le Zen appelle un satori ». Si, au premier regard, leur association paraît arbitraire – arbitraire dans lequel Breton voyait la force première de l’image surréaliste -, il est toutefois possible de dégager certains thèmes qui sous-tendent le travail d’Yves Helbert, au-delà de l’humour, toujours présent : l’interrogation sur la nature, la politique, la nostalgie, l’émerveillement devant les objets inutiles

En même temps que les dessins, sont présentés quelques dioramas dans lesquels, notamment, Yves Helbert met en scène, toujours avec humour, l’oeuvre d’art dans l’atelier de l’artiste, ou bien muséifiée, ou bien encore abandonnée…

sacrifice de la rose

Fabien Granet

Fabien GRANET

Comme un gris qui traîne sur la mer affaissée…

Poursuivant ses recherches précédentes, Fabien Granet présente ses dessins récents dans lesquels des fragments de paysages, tout en restant accrochés au quadrillage premier, émergent du blanc de la page, parfois en lambeaux, parfois en points de vue multipliés, faisant penser à un univers dont la création ne serait pas exempte d’hésitations, d’essais, de repentirs.

 

 

 

Dans certains dessins, ces fragments de paysages s’articulent avec d’étranges constructions architecturales, des volumes géométriques… comme si l’oeil de l’artiste, par delà le sensible, avait dégagé des bords de mer, des rochers, des plages ainsi « mis en paysage » l’essence de ces lieux, rappelant que le dessin est aussi « chose mentale ».

Chloé POIZAT

Le travail de Chloé POIZAT est le fruit d’une libre réflexion sur les conséquences de notre entrée dans l’ère de l’anthropocène et sur les risques de la sixième extinction de masse (extinction végétale, animale et humaine) qui pourraient en résulter.

Mais ce n’est pas un travail militant.

En effet, ce que nous donne à voir Chloé POIZAT, nourrie de littérature, de cinéma (de genre…), de photographie et s’inspirant, parmi d’autres, des pratiques créatrices spontanées, de l’écriture et du dessin automatique, des pratiques spirites, des arts populaires, du vaudou et des danses rituelles, c’est, un monde certes étrange, modifié et dévasté, mais transfiguré par l’imaginaire d’une vision fantaisiste.

Utilisant divers medium (peinture, collage, dessin, volume, son…) qui, assemblés, forment comme un langage primitif fictionnel, Chloé POIZAT nous dépeint une nature joyeusement apocalyptique qui ne serait plus que vestiges, totems, miettes, dans laquelle il ne subsisterait des humains que quelques traces et fragments et où n’erreraient que de rares animaux, corbeaux, chouettes chiens ou loups.

Il s’en dégage un sentiment d’inquiétante étrangeté, vaguement effrayante, mais largement teintée d’humour.

Cette disparition des êtres, des choses et des lieux, cette attention aux choses imperceptibles, l’idée de passage d’un état à un autre, de ce qui persiste ou non, l’illusion et la métamorphose, sont ainsi les thèmes fondateurs du travail de Chloé POIZAT.

Xevi Solà Serra

Xevi Solà Serra, né en 1969, a étudié les Beaux-Arts à l’Université de Barcelone ; son travail est exposé pour la première fois à Paris après avoir été présenté dans des galeries et foires de nombreux pays (Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Danemark, Pérou, Brésil, Taïwan…).

Pour cette première exposition de Xevi Solà Serra à Paris, la galerie Tokonoma a choisi des œuvres témoignant de son évolution au cours de ces sept dernières années.

Au-delà de la diversité des thèmes abordés durant cette période, ces œuvres ont en commun une force visuelle qu’elles tiennent de l’utilisation des couleurs complémentaires, des contrastes entre les lignes horizontales et verticales, entre les zones les plus travaillées et celles traitées de manière plus relâchée… Revendiquant sa proximité avec le Pop Art, Xevi Solà Serra multiplie les citations d’icônes de l’art moderne (Van Gogh, Matisse, Yayoi Kusama…) ou de personnages de bandes dessinées, identifiables par tous, rejetant ainsi tout élitisme. Ces moyens picturaux, aussi divers soient-ils, tendent tous à explorer la partie la plus sombre de la conscience, pré-humaine, animale et amorale, et transmettent un message subtilement dérangeant.

La figure féminine est centrale. Souvent représentée nue au milieu de figures masculines vêtues, sombres et inquiétantes, il ne s’en dégage pour autant aucune sensualité. Ici la femme, mince et éthérée, sourit mélancoliquement et étrangement, indifférente à la menace sourde du monde, d’un sourire incompréhensible semblable à celui des visages des martyrs dans l’iconographie médiévale.

« wife », huile sur toile, 97x146cm

Deux autres éléments sont également récurrents dans les tableaux de Xevi Solà Serra : les maisons néo victoriennes des banlieues américaines et les animaux. Les maisons, personnages à part entière comme celles de « la chute de la maison Usher » ou de « Psycho », témoins silencieux, font peser de leurs larges fenêtres en surplomb de la scène, derrière lesquelles on ne sait qui peut se cacher, une sourde menace. Les animaux eux (canard, éléphant, requin, poisson, cheval, etc.), dont la présence initialement ne se justifiait que par des raisons formelles, sont aujourd’hui largement utilisés comme des métaphores sexuelles permettant à l’artiste d’éviter la censure de plus en plus lourde et prégnante des réseaux sociaux dont il a fait un outil de communication et de diffusion majeur.

Dans les œuvres issues des séries « jungles » et « motels », apparaissent, protégés par l’élégance tapageuse de leurs costumes ou l’anonymat des chambres de motels, des « dandys » ou des personnages troubles, perdus dans leurs jungles intérieures, hors de portée du monde trivial et des gens du commun.

Enfin, tout récemment, toujours en se servant de sa palette de couleurs primaires lumineuses et saturées, Xevi Solà Serra a commencé d’explorer le thème du paysage.