Laureline Lê

Laureline LÊ

« Adtentio », installation, dessins

du 21 mai au 14 juin 2015

Née en 1988. Vit et travaille à Paris.

Après avoir étudié la gravure à l’école Estienne puis intégré les Beaux-Arts de Paris, dont elle a récemment été diplômée, Laureline Lê pratique aujourd’hui principalement le dessin, mais aussi l’estampe et la sculpture (céramique, bronze). Curieuse de découvrir de nouveaux environnements de travail, elle a effectué plusieurs résidences d’artiste à l’étranger (Luxembourg, Québec, Danemark…). Ses pièces ont été exposées à Londres, au Danemark, au Luxembourg, ainsi qu’à Paris et en région parisienne.

ascensions-200 par 155cm-graphite et carbone sur papier

Au premier abord, la pratique artistique de Laureline Lê évoque la délicatesse d’une collecte d’éléments naturels voués à l’étude, une poétique de la recherche scientifique. Selon une déclinaison de tonalités noires et blanches, les œuvres de l’artiste apparaissent comme les variations de surfaces sensibles détachées de leur état de nature, la blancheur clinique qui les entoure n’enlevant rien de leur beauté intrigante. Le procédé de l’empreinte cher à l’artiste, donne naissance à des formes indicielles, nées d’une « matière reproduisant la matière »[1]. Pourtant, tandis qu’elle recueille, effleure ou frotte chacun de ces objets, Laureline Lê laisse se profiler des profondeurs inattendues. C’est alors qu’un imaginaire de cartographie donne naissance aux ambitions abyssales de la géologie[2]. Le cheminement qui sous-tend la conception des œuvres présentées se trouve retranscrit au travers d’un dessin sur bois intitulé La Carte mentale. Cette œuvre apparaît ainsi comme une forme de cosmogramme englobant l’ensemble du travail de manière allusive, donnant à voir les lois régissant le « micro-univers » de l’exposition. C’est avec délicatesse que Laureline Lê propose de s’approprier le monde, en convoitant ce qu’il est possible de tenir dans la main. Tandis que nous connaissons le dieu Atlas portant la terre sur ses épaules, Laureline Lê nous invite à l’embrasser au travers de fragments poétiques.

Laure Jaumouillé

[1] Didi-Huberman Georges, La ressemblance par contact, archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte, Les Editions de Minuit, Paris, 2008, p.131
[2] L’émergence de cette nouvelle dimension apparaissant tout particulièrement dans la série de dessins intitulée Six théories des profondeurs.