Nicolas NICOLINI

Nicolas Nicolini, après un séjour à New York  et six années passées entre Berlin et Bruxelles, est aujourd’hui revenu vivre et travailler à Marseille, ville où il est né et où il a fait ses études (il est diplômé de l’École supérieure d’art et de design de Marseille-Méditerranée).

 C’est ce retour qu’il fête dans la première série de tableaux présentée aujourd’hui, mais ce n’est ni un retour en arrière dans sa pratique artistique, ni l’installation dans le confort d’un univers familier retrouvé où il s’endormirait… Et si dans cette première série de productions récentes il peint des calanques emblématiques (En-Vau, Port-Miou, Niolon), c’est sans céder à la tentation de faire couleur locale, sans couleur même, puisque foin de bleu, d’or et de lumière, c’est dans un camaïeu de gris qu’il les représente. De même, si le cadrage pourrait être celui d’une carte postale, c’est bien de peinture qu’il s’agit comme le rappellent, si besoin en était, les applications de bandes de papier qui reprennent la forme du châssis sous-jacent et évoquent ainsi une fenêtre et sa croisée au-delà desquelles apparaît le paysage. Mais c’est un paysage brouillé qu’un grillage dessiné au fusain rend inaccessible au spectateur, comme une nature dégradée dont l’approche même lui serait obstinément refusée.

La deuxième série est le prolongement de la série « Hors-piste »précédemment entamée. Dans un vocabulaire formel très scénique, elle illustre avec humour l’activité de l’artiste au travail, quelques moments vécus de son activité créatrice. Ainsi « Ma cour de récréation » parle de l’espace qu’il conquiert pour en faire son terrain de jeu à l’abri de toutes les sollicitations du quotidien ; « Sans titre » évoque l’excitation -non exempte d’inquiétude- lorsque émerge la forme de la surface de la toile ; « Tout a droit à une seconde chance dans l’atelier » témoigne à la fois de la précarité des objets mais aussi de leur force et de leur capacité à s’imposer à nous et à retrouver une nouvelle vie, un second souffle, dans le mystère de l’atelier ; « Refaire le monde » est une représentation du souvenir laissé par ces soirées interminables passées dans l’atelier à refaire le monde lorsque l’artiste, un moment, imagine avoir ce pouvoir et cette mission….

Dans la troisième série (« Tentatives de tracer droit 1, 2, 3 et 4 ») Nicolas Nicolini, par des dessins au fusain, s’essaye à trouver « la voie droite » qui, parfois, symbolise la réussite même s’il sait, comme le dit De Kooning, que « la géométrie (est) contraire à l’art, il n’y a pas de ligne droite en peinture ». Comme un échec programmé.

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