Cyril TRICAUD

autoportraits en peintre

26 janvier – 4 mars 2017

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Tel Narcisse, le peintre a mis longtemps à se saisir du reflet que lui offrait sa toile. Il s’est d’abord subrepticement glissé, spectateur souvent anonyme, acteur modeste, dans les scènes qu’il peignait. Puis, miroir aidant, il est devenu le plus fidèle, le plus disponible de ses modèles, le seul peut être à l’accompagner sa vie durant jusqu’au bout de sa vieillesse, parfois jusqu’aux portes de la mort. Enfin il s’est plus fièrement campé en peintre, face à son chevalet, armé des armes de son état : pinceaux, palette, chiffons…

C’est dans cette tradition « de l’autoportrait en peintre » que s’inscrit Cyril Tricaud, mais à sa manière, teintée d’humour et de douce dérision.

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Dans cette tradition certes, mais en la renouvelant.

Ce qu’il donne à voir, c’est un peu de l’univers pictural qu’il a acquis en fréquentant les maîtres classiques, en arpentant inlassablement le Louvre. Il y puise ses références qui affleurent dans toute son œuvre en la nourrissant. Ce n’est pas pour autant un art savant de citations subtilement introduites. Le Christ entrant dans Jérusalem sur son âne ou gisant est bien là, présent, simplement reproduit comme l’est, de même, la mort de Sardanapale de Delacroix. L’artiste parfois s’y confronte, jalousant les glacis qui donnent à voir la transparence des chaires pâles de l’esclave qu’on sacrifie, tout en assumant lui-même les fluorescences de sa propre palette. Parfois il en joue, s’installant en rêve à califourchon derrière le Christ et entrant ainsi, quelque peu éberlué, dans on ne sait quelle Jérusalem, ou bien se réveillant de sa sieste à côté d’un Christ gisant attendant, lui, l’improbable résurrection de sa chair de bois. Ou encore il entre dans la toile et, à l’habit de lumière du modèle de Manet, il substitue tee-shirt et jean maculé en provoquant le spectateur d’une muleta qui n’est autre qu’une poupée gonflable…

 

Biographie

Né à Asnières en 1982, Cyril Tricaud a fait le choix de la peinture à laquelle il s’est adonné de façon quasi exclusive aux Beaux-Arts de Paris. Peinture de chevalet, mais aussi fresque, dessins et études d’après modèle, anatomie, paysages, scènes religieuses et allégoriques, portraits et autoportraits.

Cyril Tricaud, diplômé en 2008 de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris avec félicitations du jury, a reçu plusieurs prix : Mention du jury, prix de dessin David Weill, Académie des beaux-arts en 2014 ; Lauréat du prix Hiscox en 2009 ; Lauréat du prix Diamond en 2007.

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