Actuellement

Quatre dessinateurs
Yves Helbert, Hélène Muheim, Frédéric Khodja, Davor Vrankić

Yves Helbert

Cette œuvre a quelque chose de théâtral car elle s’épanouit dans un espace au gré du temps que lui confère le visiteur pour l’arpenter, sans que s’impose un déjà là, comme le laissent présager les termes d’apparition et de révélation.

Ainsi les mots et les objets acquièrent seulement par nous et pour nous une intensité qui attire toute notre attention. La mise en scène nous permet de témoigner de notre capacité à inventer des mondes communs, car c’est bien par ce processus de construction socialement organisé que nous pouvons nous reconnaître comme participants de la même société.

La Loi Du Silence, 2020 - Série « Petites manipulations », graphite sur papier
Memento vitae, 2020, poudre de graphite, encres, ombres à paupières sur papier

Hélène Muheim

(…) Un paysage est avant tout une construction, une position, face à un assemblage d’éléments naturels ; de même que le portrait, avant d’être portrait, est un visage. C’est de cette manière qu’il nous revient de découvrir les paysages raffinés d’Hélène Muheim, ses Lignes d’horizon dans lesquelles elle n’investit la page que pour mieux souligner la cohabitation du paysage et de son absence : quelques lignes de crêtes et des sommets enneigés sont coupés horizontalement par une ligne floue et volontaire à la fois, laissant deviner, dans la surface immaculée de la page blanche, d’autres beautés naturelles. 

Un paysage est donc construction, mais, ici, il est aussi fondamentalement émotion, comme peuvent l’être une mer de nuages ou une épaisse forêt pour les romantiques allemands. (…) 

 Léa Bismuth

Frédéric Khodja

(…) Cette œuvre a quelque chose de théâtral car elle s’épanouit dans un espace au gré du temps que lui confère le visiteur pour l’arpenter, sans que s’impose un déjà là, comme le laissent présager les termes d’apparition et de révélation. Ainsi les mots et les objets acquièrent seulement par nous et pour nous une intensité qui attire toute notre attention. La mise en scène nous permet de témoigner de notre capacité à inventer des mondes communs, car c’est bien par ce processus de construction socialement organisé que nous pouvons nous reconnaître comme participants de la même société. Ce sont ces inventions, ces mouvements, ces glissements, ces rythmes qui font qu’il y a quelque chose plutôt que rien. (…)

Denis Cerclet

La Pierre Ciméma, 2018, pigments, pastels secs et crayons
Only Good Memories, 2018, mine de plomb sur papier

Davor Vrankić

(…)  « Au cours des vingt dernières années, j’ai travaillé sur des dessins en utilisant la mine de plomb 0,9 2B, essentiellement sur de grands formats. Mon objectif en utilisant cette technique de base est d’exploiter son effet plus pleinement, sans l’aide de n’importe quel modèle ou de préséance. Mon intention est de créer une sorte d’image virtuelle, en utilisant toutes les expériences visuelles, que j’ai assimilé de la peinture classique, de la bande dessinée, du cinéma, de clips vidéo et de la photographie.

J’associe le cadre de l’image du cinéma et les distorsions de la lentille de la caméra à la peinture flamande. Les petits traits dans les dessins, tout en évoquant les gravures anciennes, se font l’écho du noir et du blanc dans la photographie et le cinéma. Le résultat est une image qui semble presque réelle, mais qui est cependant entièrement inventée, combinant ainsi la logique des images de synthèse avec le dessin classique. Je pousse aux limites ma technique proche du photoréalisme, faisant ainsi paraître mes dessins plus « réels ». Cette approche vise à questionner le rôle de l’image aujourd’hui et à jouer sur son caractère de plus en plus ambigu. »

Davor Vrankić