Nikola SARIC « Du spirituel dans la peinture… »

exposition du 15 novembre au 15 décembre 2018

« L’artiste doit travailler sur lui-même, s’approfondir, cultiver son âme, l’enrichir afin que son talent ait quelque chose à recouvrir et ne soit pas comme le gant perdu d’une main inconnue, la vaine et vide apparence d’une main. »

Kandinsky, « Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier»

Une peinture d’inspiration religieuse, dès qu’accrochée aux cimaises d’un musée, devient une œuvre d’art et elle est comme telle appréciée et jugée.

Las, hors du musée, point de salut ! Cette transsubstantiation n’opère plus, même dans l’espace d’une galerie, et cette œuvre risque, quels qu’en soient ses mérites, de ne plus rencontrer que le regard indifférent de l’agnostique, celui-ci n’y voyant qu’une image pieuse qu’il abandonne à la seule dévotion du croyant. Ce dernier, à l’inverse, risque de s’offusquer de la présence d’une telle œuvre en un lieu profane, et ce d’autant plus lorsque cette œuvre est, comme c’est le cas dans la religion orthodoxe s’agissant d’une icône, un objet de dévotion, et l’on se souvient encore du scandale que causa Gontcharova en exposant à Moscou ses peintures religieuses…

Nonobstant ces écueils, et en cela résolument fidèle à son parti pris assumé d’éclectisme, la galerie TOKONOMA a choisi de présenter, du 15 novembre au 15 décembre 2018, les œuvres d’un peintre contemporain d’icônes, Nikola SARIC, né à Belgrade en 1985 où il a étudié les beaux-arts puis suivi la formation de l’Académie d’art sacré de l’église orthodoxe serbe, et qui aujourd’hui vit et travaille en Allemagne.

Si, de par sa formation, Nikola SARIC maîtrise les canons formels de l’icône ainsi que les sources bibliques et théologiques dont il s’inspire, son art n’est pas un art figé par la tradition, transcendé qu’il est par les apports de l’art moderne et de l’art contemporain. C’est à cette synthèse de la tradition et de la modernité que son œuvre doit ses qualités esthétiques, et –osons le mot rendu quelque peu obscène par la critique contemporaine– sa beauté. Mais ces qualités formelles, certes à elles seules de nature à retenir l’attention de l’amateur d’art, ne seraient que peu de choses, comme le rappelle Kandinsky dans la citation citée en exergue, si elles n’étaient pas chez Nikola SARIC le mode d’expression d’une spiritualité profonde.