Exposition Enzo Certa 13 octobre -10 novembre 2018

Enzo Certa

Enzo Certa, né en 1989 dans une famille franco-italienne, après des études en histoire de l’art et en restauration de peinture polychrome, a décidé de se consacrer exclusivement à la peinture. Il entre alors aux Beaux-Arts de Caen dont il sera diplômé avec les félicitations du jury ; aujourd’hui, il termine son cursus aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Tim Eitel.

En 1964, en 58 notes dédiées à Oscar Wilde, Susan Sontag tentait de cerner ce qui était – ou n’était pas – « Camp », adjectif que l’Oxford Dictionary se bornait sobrement à définir depuis 1909 comme ce qui est «  d’un style délibérément exagéré et théâtral », autrement dit efféminé en anglais victorien…

Pour Susan Sontag, « Le « Camp » est un certain modèle d’esthétisme (dont) l’idéal n’est pas la beauté mais un certain degré d’artifice, de stylisation (…), fondamentalement ennemi du naturel, porté vers l’exagération». » « L’art « Camp » est un art décoratif qui met plus particulièrement en relief la forme, la surface sensible, le style, au détriment du contenu (…) en un mélange d’outrance, de passion, de fantastique et de naïveté ». «  Le « Camp » (…) c’est un art qui se prend au sérieux, mais qui ne peut être pris tout à fait au sérieux, car il « en fait trop », (…) c’est une victoire du « style » sur le « contenu », de l’esthétique sur la moralité, de l’ironie sur le tragique ». « Le « Camp » est généreux. Son but: la jouissance. »

C’est de cette esthétique « Camp » ainsi comprise dont se revendique expressément le travail d’Enzo Certa. En témoignent les œuvres aujourd’hui présentées par la galerie Tokonoma, colorées, festives, drôles, dans lesquelles apparaissent la virtuosité du peintre et sa fascination pour les étoffes, les grenades, les raisins l’or et les armures, motifs et références puisés dans la « petite » comme dans la « grande » peinture, la bande dessinée …